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Mise à jour communautaire : collaboration, innovation et transformation de l’avenir

Les Fêtes approchent à grands pas et nos communautés traversent une autre période d’incertitude avec l’arrivée du variant Omicron qui empêche plusieurs entreprises, industries et secteurs de recouvrer un sens de normalité  

D’autres ne retrouveront pas un semblant de normalité pour un bon moment encore. Le sentiment d’urgence à l’égard des besoins sociaux qui se font ressentir pendant la pandémie semble s’effriter même si plusieurs personnes souffrent toujours de problèmes de santé mentale, d’isolement, de pauvreté et d’autres problèmes. 

Depuis février 2020, le Groupe de discussion communautaire en réaction à la COVID-19 de Centraide de l’Est de l’Ontario a assumé de nombreux rôles. Ce groupe compte plus de 100 autorités de santé publique, municipalités, agences de services sociaux de première ligne, partenaires d’affaires et autres personnes envieux d’appuyer les personnes de notre région pendant la pandémie. Les membres ont dû collaborer étroitement entre eux et avec le secteur pour trouver rapidement des solutions novatrices qui adresseraient les défis les plus pressants de nos communautés.  

En cette période de transition, nous constatons le progrès que nous avons réalisé en tant que communauté. Depuis le début de 2020, nous organisons des rencontres hebdomadaires d’urgence pour trouver des solutions aux enjeux émergents. Ces rencontres sont devenues des réunions mensuelles visant à examiner attentivement les défis sociaux et à déterminer de nouvelles approches qui nous permettent d’envisager un avenir plus positif. Plus tôt ce printemps, nous avons étudiés des principes pour une reprise économique pour équitable après la pandémie.  

À l’approche de la nouvelle année, il est clair que nous devons nous concentrer sur la durabilité et la transformation des secteurs caritatifs et des services sociaux pour continuer d’appuyer les personnes qui ont besoin de notre aide. Nos communautés ont plus que jamais besoin de votre aide, car les subventions d’urgence tirent à leur fin et les organisations ont de la difficulté à attirer et à maintenir en poste personnel et bénévoles.  

L’avenir, c’est plus qu’une organisation qui se concentre sur un effort renouvelé ou un secteur qui change son approche visant à aider les clients. C’est de discuter de nos réussites pendant la pandémie et de les transformer en changement systémique à long terme. C’est d’étudier les enjeux chroniques et de les traiter avec le degré d’urgence requis pour bâtir des communautés plus résilientes pour tous et toutes à long terme. C’est d’utiliser tous les outils à notre disposition (investissements, recherche, défense d’intérêts, convocation et collecte de fonds) pour faire preuve de créativité en appuyant nos communautés de façon plus holistique 

Nous devons répondre à la question suivante : « À quoi ressemble la situation idéale? », et voici ce à quoi cela ressemble: 

  • collaboration, innovation et partenariats continus visant à adresser les enjeux communs; 
  • sensibilisation accrue des enjeux en matière de justice sociale et des solutions visant à les adresser; 
  • compréhension accrue du rôle du secteur des services sociaux lorsque vient le temps d’appuyer nos communautés; 
  • services exhaustifs intégrés qui tiennent compte des besoins des gens et non seulement de la mission d’une organisation quelconque. 

Lors de la dernière rencontre du Groupe de discussion communautaire en réaction à la COVID-19, Marie-France Lalonde (députée de la circonscription d’Orléans)Jeremy Robers (député provincial de la circonscription d’Ottawa Ouest-Nepean)Laura Dudas (conseillère municipale du quartier Innes et mairesse suppléante de la ville d’Ottawa) et Debbie Robinson (présidente du conseil du comté de Renfrew) ont discuté des priorités gouvernementales et du paysage politique; Bernadette Johnson (directrice de la défense d’intérêts et de la mobilisation des connaissances chez Imagine Canada) a expliqué ce à quoi le secteur sans but lucratif du Canada fait face; et les agences de services de première ligne ont expliqué les obstacles majeurs auxquels elles font face. 

Ce que nous savons du secteur caritatif en ce moment?

Bernadette Johnson, employée chez Imagine Canada, a présenté les données des organismes de bienfaisance canadiens qui ont participé à un sondage sur leur capacité et leur aptitude à poursuivre leur mission pendant la pandémie. L’Enquête sectorielle – plus de 1 200 organismes de bienfaisance ont participé au sondage entre le 20 avril et le 12 mai 2021 – donne un aperçu détaillé du rendement des organismes de bienfaisance. Bernadette a mis en évidence ce qui suit : 

  • 56 % des organismes de bienfaisance font face à des obstacles en matière de demande, soit en raison de la réduction des services liés aux fermetures (14 %) ou de l’augmentation de ceux-ci au-delà de ce qu’ils sont capables d’offrir (42 %); 
  • 40 % des organismes de bienfaisance constatent toujours une baisse moyenne des revenus de 44 %. 
Bernadette Johnson

Le personnel du secteur caritatif dit se sentir fatigué; plusieurs secteurs opérationnels sont surchargés. Le bénévolat n’est pas pratiqué comme autrefois, et plusieurs organismes de bienfaisance utilisent cet outil, tant en temps normal qu’en situation de crise, pour offrir leurs services.  

Selon Bernadette, les organismes de bienfaisance se préoccupent vivement de la main-d’œuvre, ainsi que du recrutement et du maintien en poste du personnel. En même temps, les organismes de bienfaisance veulent offrir un congé payé à leur personnel, des occasions d’apprentissage et de perfectionnement, un salaire adéquat et même du soutien supplémentaire, comme la réduction des frais de scolarité.  

Ce que nous ignorons à propos du secteur caritatif en ce moment?

Nous ne savons pas encore si la « course aux talents » corporative affectera la capacité du secteur à se faire concurrence pour recruter du personnel, mais les données préliminaires indiquent que le secteur a toujours de la difficulté à recruter des candidat·e·s qualifié·e·s pour les postes à doter.  

Particulièrement, les femmes qui ont quitté la main-d’œuvre pendant la pandémie n’y retournent pas, ce qui pourrait engendrer des répercussions négatives sur le secteur caritatif, dominé par des femmes. 

L’inflation et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement entraînent une augmentation des coûts, ce qui empêche les organismes d’offrir leurs services comme d’habitude et qui accroît les pressions pesant sur les personnes déjà en difficulté financière.  

Changements dans le secteur caritatif?

Comme nous l’avons constaté pendant la pandémie, le secteur doit choisir des technologies numériques qui lui permettront de rester au fait, ce qui est un défi financier pour bon nombre d’organismes. Les donatrices, donateurs et bailleurs de fonds, souvent plus intéressés par les investissements, négligent l’importance de l’infrastructure de base des programmes et les coûts indirects liés à leur mise en train. 

Au même moment, les organismes de bienfaisance appuient leurs communautés, répondent à leurs besoins et les protègent des défis liés à l’adoption rapide de technologies numériques en militant, notamment, pour l’accessibilité, la littératie numérique et la sécurité en ligne.  

Le degré d’intervention requis des services sociaux et des organismes de bienfaisance pendant la pandémie a incité bon nombre d’organisations à se demander si le secteur sans but lucratif est la seule réponse à ce problème.  

« [Traduction libre] Nous aurons toujours besoin du secteur. Toutefois, notre rôle dans la préconisation d’une nouvelle politique financière pourrait-il réduire l’utilisation des services à long terme? Comment pouvons-nous tirer parti de ce profil public amélioré et de l’appréciation publique pour notre travail? Comment pouvons-nous comptabiliser la baisse en dons et en bénévolat? »

Ce que nos partenaires locaux ont à dire

Nos partenaires du Groupe de discussion communautaire en réaction à la COVID-19 ont précisé que le défi le plus important auquel bon nombre d’organismes de bienfaisancefont face en ce moment est l’insuffisance en financement de base; le genre de soutien qui permet à l’infrastructure de base de poursuivre les activités. Un fonds de projet est souvent actif et disponible, mais il n’offre pas le niveau de ressources nécessaire pour accomplir la mission d’un organisme de bienfaisance.  

En écho aux observations nationales de Bernadette, nos partenaires locaux ont constaté qu’il était très difficile d’embaucher et de maintenir en poste la main-d’œuvre en ce moment. Cela réduit la capacité de collecte de fonds des organisations, et augmente le risque d’épuisement professionnel du personnel.  

« [Traduction libre] Il n’y a rien comme une situation d’urgence pour trouver les mailles brisées d’un filet de sûreté. »

Michael Murr du Centre for Social Enterprise Development a ajouté que son organisation étudiait les façons dont l’approvisionnement social des organisations privées peut la stabilité à long terme des organismes de bienfaisance et des entreprises sociales servant les communautés vulnérables 

Actions du gouvernement pour relever ces défis?

Le député provincial Jeremy Roberts a abordé les investissements provinciaux effectués auprès d’organisations communautaires, comme le YMCA, qui aide aux personnes nouvellement arrivées au pays à acquérir des compétences pour exercer des métiers.  

La députée Marie-France Lalonde a partagé des renseignements sur des programmes fédéraux partagés qui favorisent la croissance économique et le bien-être financier des gens. Les programmes comprenaient les suivants : 

Le secteur caritatif attend aussi des nouvelles sur la ventilation du Fonds de relance des services communautaires, soit un montant de 400 millions de dollars visant à aider les organismes de bienfaisance et sans but lucratif canadiens à s’adapter à notre nouvelle réalité et à moderniser la façon dont ils offrent leurs services promis dans le cadre du budget fédéral de 2021. 

Laura Dudas, mairesse suppléante de la Ville d’Ottawa, a parlé du dernier budget de la ville dans le cadre duquel il y a eu la plus forte augmentation en matière de financement d’agences de services sociaux sans but lucratif depuis 2006. Le budget prévoit également débloquer une somme de 2,6 millions de dollars, provenant du budget des services de police, pour des programmes pour les jeunes racialisés; des services en santé mentale communautaires adaptés à la culture; ainsi que la création d’un programme d’aiguillage téléphonique pour les personnes en situation de crise. 

« [Traduction libre] Il sera nécessaire, en tant que communauté, de collaborer activement avec le secteur caritatif pour adresser certains des enjeux sociétaux auxquels nous faisons face, comme les logements abordables, l’insécurité alimentaire et la diversité économique. »

Debbie Robinson, représentante du comté de Renfrew, a fourni une mise à jour sur la façon dont le comté a pu répondre aux besoins en matière de services sociaux de ses résident·e·s. Voici certains faits saillants à ce sujet : 

  • création d’un guichet unique au sein des bureaux administratifs du comté pour les personnes qui souhaitent accéder à des services sociaux sans avoir à se rendre à plusieurs endroits pour obtenir de l’aide; 
  • création d’un refuge d’urgence pour les 456 personnes itinérantes qui ont demandé de l’aide du comté depuis le début de la pandémie; maintenant, 452 d’entre elles ont un chez-soi permanent; 
  • mise en œuvre d’un projet pilote permettant aux personnel paramédical de prodiguer des soins à domicile pour les personnes inscrites sur la liste d’attentes d’établissements de soins de longue durée; 

  • création d’un centre dépistage et de triage virtuel dans le comté de Renfrew (VTAC) pour les résident·e·s du comté de Renfrew qui pensent avoir contracté la COVID-19; ce service téléphonique permet aux résident·e·s d’obtenir des services de transport paramédicaux aux centres de dépistage et un suivi médical. Au total, 23 000 personnes résidant dans le comté de Renfrew n’ont pas de médecin de famille. C’est pourquoi le VTAC est devenu un service qui permet aux résident·e·s de discuter directement avec un médecin, peu importe leur problème de santé. Le service est venu en aide à 51 000 personnes depuis sa création, pendant la pandémie. 

L’avenir de nos communautés

Centraide de l’Est de l’Ontario recueille actuellement des données en collaboration avec Centraide/United Way Halton and Hamilton pour évaluer la capacité des organismes de bienfaisance à innover, à faire preuve de résilience et à se transformer malgré les pressions continues de la pandémie. Nous présenterons nos résultats à nos partenaires dans la nouvelle année.  

Centraide continuera de rassembler les membres du Groupe de discussion communautaire en réaction à la COVID-19 pour étudier ce qui suit : 

  • besoins en matière de renforcement des capacités pour l’innovation et la résilience; 
  • besoins uniques des partenaires caritatifs en milieu rural; 
  • façons dont les données pourront informer la transformation du secteur; 
  • façons dont nous pouvons tirer parti de la sensibilisation accrue de notre programme de justice sociale pour mettre en œuvre des solutions à long terme;  
  • outils nécessaires pour une reprise économique plus équitable. 

Notre objectif est d’utiliser les leçons apprises des recommandations en matière de changement politique et nos ressources pour faire renforcer notre secteur, ainsi que sa cohésion et sa flexibilité.  

Même avant le début de la pandémie, notre travail se fonde sur les principes de collaboration, de partenariats et d’innovation qui nous permettent d’adresser les besoins les plus importants et d’avoir l’effet le plus palpable pour les personnes qui ont le plus besoin de notre aide.  

Nous savons que nous ne pouvons pas attendre le premier pas du gouvernement – nous devons faire preuve de leadership pour bâtir des communautés plus fortes et saines et créer des filets de sûreté sociaux pour toutes et tous.  

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