Agir contre l’insécurité alimentaire en milieu rural

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Un tout petit bras tend Amy Willis un sac rempli de patates. « C’est parfait! Tu peux m’en faire un avec des carottes? » demande-t-elle. 

Deux des huit enfants d’Amy se trouvent à l’arrière de la fourgonnette à organiser les produits frais pour Full Bellies, le programme de nutrition bénévole qu’elle a fondé. 

« J'ai commencé le programme avec quelques amis qui pratiquent l'éducation à domicile, car nous avions de la difficulté à acheter plus d'un type de collations pour nos nombreux enfants. Partager des boîtes d'aliments en vrac, c'est comme ça que cela a commencé. »

Amy

Full Bellies obtient des produits frais de grossistes, ce qui permet à sa clientèle de choisir ce dont elle a le plus besoin.  

Amy est souvent une source d’émerveillement, de Saint-Isidore à Hawkesbury :  

« On me dit que ce que je fais est incroyable, qu'on ne comprend pas comment je peux faire tout cela. C'est en raison de la crise alimentaire actuelle; les familles payent moins cher pour les aliments en vrac, nourrir leurs enfants et obtenir des collations autres que de la malbouffe. C'est pour cela que je le fais. »

Amy

Tout le monde peut tirer parti de Full Bellies, ce qui assure la viabilité du programme. Une femme peut payer une vingtaine de dollars pour une courgette, car elle le peut. Il s’agit d’une réussite, car les gens qui peuvent payer plus instaurent un certain équilibre qui permet aux gens et aux familles dans le besoin de profiter de rabais considérables. 

« Le programme cherche à aider les personnes qui éprouvent des difficultés, les quartiers où la population est plus âgée et sans moyen de transport, ainsi que les personnes monoparentales. Nous aidons les personnes plus pauvres et qui ont de la difficulté à se déplacer. »

Amy

Méfaits de l'insécurité alimentaire

Une personne au Canada sur huit vit dans l’insécurité alimentaire. Elle se demande peut-être tous les jours quand elle pourra se mettre quelque chose sous la dent, en écoutant son estomac qui gargouille souvent. 

L’insécurité alimentaire peut être synonyme d’une personne qui jeûne pour permettre à ses enfants de manger; de quelqu’un qui achète des aliments à faible valeur nutritive pour remplir son assiette ou d’une personne qui paye ses factures plutôt que de manger. 

Les enfants de familles vivant dans l’insécurité alimentaire souffrent de déficits d’attention, ce qui les empêchent de se concentrer et de réussir à l’école. Les Canadien·nes qui vivent une insécurité alimentaire sont plus susceptibles de souffrir d’anxiété modérée à sévère et d’une gamme de problèmes de santé physique et chronique, comme le diabète, l’hypertension et les maladies du cœur. 

La distance qui sépare une personne de l’épicerie ou la quasi-absence des services de transport rural exacerbent l’insécurité alimentaire même s’il s’agit de quelque chose que l’on ressent, peu importe où l’on réside. 

Collaborer pour adresser ce défi

Centraide de l’Est de l’Ontario copréside le Forum alimentaire communautaire de Prescott et Russell (FACPR) en collaboration avec les Services communautaires de Prescott-Russell. Ce forum permet à une soixantaine d’organismes de la région de Prescott et Russell de discuter du déficit alimentaire au sein de la communauté et des façons de tirer parti de ressources collectives pour le combler. 

Louis Béland, directeur administratif du Réseau agroalimentaire de l’Est ontarien a dit, par le passé, qu’il était difficile de voir l’incidence réelle de l’insécurité alimentaire dans les communautés de Prescott et Russell, car les divers organismes ne partagent pas leurs données.  

« Pour moi, le FACPR rassemble les gens et les données afin que toute la communauté puisse en bénéficier. Centraide a fait beaucoup de travail du côté des données depuis la dernière décennie. Nous ne pouvons pas prendre de décisions éclairées sans renseignements appropriés. »

Louis

De nos jours, le partage des connaissances habilite le Forum à mieux cibler et identifier les occasions de financement de programmes visant à combler les besoins de base, comme Full Bellies. 

Grâce au FACPR, Amy a pu faire une demande de subvention qui permettra à Full Bellies d’acheter une camionnette réfrigérée plus accessible et d’apporter des modifications à sa plate-forme de chargement. Le tout facilitera les livraisons qu’elle effectue à la population vulnérable de Prescott et Russell.  

« Full Bellies comble un peu les besoins des petites communautés, où la nourriture et le transport sont des enjeux. Les banques d'alimentation, bien que très importantes pour la communauté, ne se trouvent pas dans tous les quartiers. Le trajet entre la maison et la banque d'alimentation et aussi un enjeu. »

Louis

Louis espère que le FACPR pourra appuyer plus de programmes comme celui-ci dans le futur, car les besoins ne cessent de grandir avec l’inflation à la hausse.  

« C’est un problème récurrent. Les banques d’alimentation en arrachent. Les familles éprouvent des difficultés. Je pense que, malheureusement, le pire est à venir, » a-t-il expliqué. C’est grâce à la créativité et à la motivation de gens comme Amy que nous pouvons nous assurer que les gens de Prescott et Russell ont le ventre plein même lorsque les temps sont durs.  

« Ma famille et tous les bénévoles s'assurent que les gens ont quelque chose à se mettre sous la dent sans avoir à tout dépenser pour le faire. »

Amy

Agissons ensemble contre l’insécurité alimentaire dans l’Est de l’Ontario. 

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